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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 18:04

Structure-Dépression-Civilisation

(Nicolas Janel – 16.11.2016*)

 

 

Dans son texte intitulé « l’objet de la dépression », Alain Vanier rappelle que la notion contemporaine de dépression se développe à partir du milieu du XXe siècle et s’appuie sur la découverte des électrochocs, puis des antidépresseurs. Elle va progressivement s’autonomiser par rapport aux catégories nosographiques qui l’incluaient.  

La dépression,  signe clinique  fluctuant  et surtout transversal va prendre place comme  tableau clinique suivant un mouvement de promotion d’une séméiologie débarrassée du problème étiologique, qui constitue le principe du DSM-III. Ce mouvement s’accompagne d’un recul d’une conception du symptôme comme expression d’un conflit psychique que le traitement doit conduire à assumer comme sujet, au profit d’une approche déficitaire biologique ayant des points de comparaison avec l’approche déficitaire qui avait prévalue tout au long du XIXe siècle. Devenu objet de sa maladie biologique, et non plus sujet confronté à des conflits psychiques dont il ne peut répondre, le patient déprimé « aurait une pathologie dont on peut le débarrasser », tout ceci au profit des laboratoires qui prétendent vendre la solution : l’antidépresseur. Or, si on n’oublie pas de prendre en compte les effets que peuvent avoir les discours, on se rend compte que la notion même de « déficit » entraîne le déficit. Effectivement, des études montrent que la production d’un nouveau médicament, comme un antidépresseur, s’accompagne corrélativement d’une plus grande intolérance aux symptômes que ce nouveau médicament prétend traiter. Double aubaine pour les laboratoires : toute tristesse  qui n’était pas déficit le devient par l’existence même de l’antidépresseur  !

Et si on ne veut pas « gober la pilule », nos humeurs tristes deviennent une faute morale, non pas au sens que lui donnait Lacan, mais comme écart par rapport à une norme sociale médicalisée, elle même prise dans le discours capitaliste.

 

 

En contre-point,  Lacan préfère le terme de tristesse à celui de dépression qu’il définie comme un affect. Un affect qu’il dénaturalise, qu’il « debiologise » si on peut dire, en lui autant tout ancrage dans le corps biologique en tant que pour lui un corps habité par le langage n’est affecté que par la structure de ce langage. Il devient ainsi logique d’inscrire la dépression au registre de la pensée pour en rechercher la cause. Dans « Télévision », s’appuyant sur Dante et Spinoza, c’est le premier à qualifier  la tristesse de « faute morale ». Mais il s’agit pour Lacan d’une lâcheté morale où le mot lâcheté est à entendre comme lâchage inconscient. Ce que le sujet lâche inconsciemment dans cette circonstance, c’est son désir. Cette lâcheté morale est un manquement au devoir du sujet de chercher à « s’y retrouver dans l’inconscient ». Autrement dit, de chercher ce qui du langage l’affecte. L’appel à la morale est à situer par rapport au précepte freudien que Lacan reprécise : « Là où c’était (l’objet a), je dois advenir (comme sujet). » Christian Hoffman précise que le « devoir » est un acte moral dans la référence explicitement kantienne. Les Lumières, à travers le texte de Kant, font en effet état de la « lâcheté » du sujet à préférer se laisser gouverner par un autre : le livre, le directeur de conscience ou le médecin. Christian Hoffman précise que pour Nietzsche, l’erreur de la croyance en l’idéal est lâcheté. Il s’agit toujours de la même lâcheté qui est celle de confier son désir à un idéal où à une utopie par « paresse » (le terme est kantien). Le sujet paye en retour du prix de la culpabilité ce renoncement à son désir qu’il n’a pas tiré au clair. Comme précédemment évoqué , ce lâchage est alimenté par les effets du discours contemporain, discours de la science alimenté par tous ses progrès,  en synergie avec le discours capitaliste qui défont le sens. Car par exemple les sciences proposent au sujet des énoncés et des concepts censés rendre compte de son être. Ce faisant, et quelle que soit leur pertinence, elles lui rendent concomitamment plus difficile une parole, une énonciation par laquelle il pourrait subjectiver à sa manière le sens de son existence. Comment le sujet pourrait-il investir réellement un désir ou un projet là où la science peut prétendre posséder par avance le savoir où il sera enfermé jusque dans ce qu’il a de plus singulier ? 

C’est le paradoxe de l’individu moderne : l’acquisition du savoir qui est un grand progrès, ouvre sur des possibilités d’action en tout genre sur  le monde. Et dans la mesure où nous acquérons  une connaissance scientifique, nous pensons aussi pouvoir atteindre une connaissance et une maîtrise de nous mêmes, à la mesure de ce savoir rationnel. Le problème est que pour l’être parlant quand le savoir est conçu comme devant tendre à un achèvement, ce savoir vient plutôt clore qu’ouvrir la voie  du désir. 

Déjà en 1953, dans son article « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Lacan affirme que le sujet abdique sa subjectivité dans le monde commandé par le discours de la science ; il dit en même temps que le sujet retrouve, dans une régression, l’enceinte où son moi contient ses exploits imaginaires. Il y a l’idée d’une sorte de renforcement du « moi » dans notre monde. Là où le sujet ne peut pas  soutenir une énonciation, il s’englue dans l’imaginaire et le spéculaire. Ce qui peut bien fonctionner pendant longtemps, jusqu’au jour où le système s’enraye : par exemple dans ce qu’on appelle le burn’out au travail : quand le moi idéal branché sur le supérieur hiérarchique devient trop exigent, le moi ne peut plus rester à la hauteur . Combien de personne rencontre-t-on ayant des problèmes au travail ? Ça fonctionnait bien, ils étaient bons employés, puis progressivement les exigences hiérarchiques ont commencé â être impossibles, parfois même tordues. Alors les gens  ne peuvent plus suivre, ils tombent malades, où sont poussés à prendre position par rapport à un système déshumanisant, voir malhonnête, afin par exemple de ne pas rester complice. Dans tous les cas, le système imaginaire dans lequel tout ronronnait bien s’arrête. Et c’est la dépression ! 

Mais ces moments dans l’existence de certaines personnes ne sont-ils pas aussi des moments , si quelqu’un comme un analyste le permet, propices à la récupération du sujet ? La question d’un moment dépressif propice à l’émergence d’un plus de sujet fait d’ailleurs écho à d’autres moments d’institution du sujet, moments nécessaires de la structure que Patrick Valas décrit très bien :

 

  • Par exemple ce moment de désêtre lors de la prise dans le signifiant où une insondable décision de l’être mène le nouveau-né, répondant au désir de l’Autre , à lâcher de la jouissance.
  • Par exemple le moment du fort/da : moment de symbolisation par perte d’objet où le mot devient le meurtre de la Chose,
  • Par exemple le stade du miroir au cours duquel la toute-puissance de l’image virtuelle qui vient de s’uniformiser se heurte au réel de la condition d’impuissance originelle de l’enfant.
  • Ou par exemple au cours de L’Œdipe avec l’effet dépressif de l’incidence de la castration symbolique (effet dépressif causé par la part à consentir de perte de jouissance que comporte l’intégration du désir lors de la mise en corrélation des signifiants avec la Loi).

 

C’est à dire des moments d’ accès à une nouvelle fonction symbolique s’accompagnant  en même temps d’un sentiment de triomphe et d’un affect de douleur d’exister. On y retrouve toujours un même battement de la structure avec les affects qui s’en produisent comme fait de discours où s’alternent moment de triomphe et de tristesse. Sans qu’on puisse parler de bipolarité mais plutôt de « battement de la structure » sur fond de présence et d’absence d’objet,  c’est ce qui se produit chaque fois qu’un sujet accède à une nouvelle fonction symbolique désirée ou forcée. Sujet qui est porté à l’existence au prix d’un deuil à faire de son être de jouissance, deuil normalement favorisé par les noms du pères qui agencent la castration et légitiment la perte, c’est à dire le manque qui devient cause de désir.

 

Or, concomitamment à certains progrès sociétaux indéniables, on retrouverait actuellement une fragilisation des représentants de la fonction paternelle dans la société actuelle. Jean-Pierre  Lebrun l’explique selon deux  voies : selon l'effet d'un glissement de la démocratie et selon l'effet de la logique marketing néo-libérale, dite « de consommation ». 

Pour Jean-Pierre  Lebrun, si dans la démocratie l’autorité reste préservée car représentée par les élus au pouvoir, ça ne serait plus le cas par effet de glissement dans qu’il appelle le « démocratisme » . L’actuel Démocratisme récuserait tout principe d'autorité et légitimerait l'égalitariat où toute différence de place et de sexe serait escamotée. L'égalité des places tendrait à effacer tout rapport de transcendance, et par conséquent tendrait à effacer tout appui dans la société qui légitimerait la différence des générations. L'égalité homme-femme tendrait à effacer tout appui dans la société qui légitimerait la différence des sexes. Bref, tout ceci irait dans le sens d’une fragilisation de tout appui qui légitimeraient la fonction paternelle dans la société. Tout ceci irait dans le sens d’une fragilisation dans notre société des appuis à ce qui fait normalement rempart face à la jouissance chez le sujet.

  

 Concernant la logique marketing, elle viendrait quant à elle  donner l'illusion du comblement possible du manque constitutif du sujet par l'objet de consommation, directement dans la réalité. L'objet de consommation viendrait illusoirement répondre à notre « manque à être » dans la réalité. Le marketing, qui tiendrait insidieusement le manche de notre société, nous donnerait ainsi l'illusion d'un retour possible à la jouissance. 

 

Pourtant, si le sujet s’offre à la jouissance, s’il lâche sur le symbolique en cédant, comme le dit Lacan dans « Télévision » sur le « devoir de bien dire », sur le devoir « de s’y retrouver dans l’inconscient, dans la structure », il risque de tomber dans la dépression. Ce risque serait par conséquent plus élevé aujourd’hui. L’augmentation du nombre des déprimés nous parlerait ainsi de ce qui se passe dans notre époque entre les individus et la société. 

 

Heureusement, cet affect triste est une passion que l’on pourrait dissoudre en remettent la pensée en ordre.  Lacan ajoute, toujours dans « Télévision » : « À l’opposé de la tristesse, il y a le gay sçavoir, lequel est une vertu », une vertu, « c’est-à-dire pas sans courage », commente Patrick Valas. A la condition de ne pas céder sur son désir , « le sujet est heureux [...] il ne peut rien devoir qu’à l’heur, à la bonne fortune autrement dit » affirme Lacan, c’est à dire qu’il est moins balloter dans les aléas de la vie et par les discours ambiants. 

Si au contraire le sujet n’en veut rien savoir,  « ce qui s’ensuit pour peu que cette lâcheté, d’être rejet de l’inconscient, aille à la psychose, c’est le retour dans le réel de ce qui est rejeté du langage ; c’est l’excitation maniaque par quoi ce retour se fait mortel. » Ce qui menace est donc la Psychose et l’exaltation maniaque qui signe la mort du sujet. 

 

 

Maintenant, si on s’arrête un peu sur ce que je viens de citer des dires de Lacan dans « Télévision », on remarque qu’il fait apparaître quelque chose de nouveau dans l’appréhension de la tristesse. Jusque là, ni chez lui, ni chez Freud, la tristesse n’est identifiée comme une entité spécifique. Elle n’appartient jamais à telle ou telle structure clinique, ni ne la qualifie. Elle est toujours appréhendée par rapport aux 3 entités classiques que sont la névrose, la perversion et la psychose. Mais dans « Télévision », Lacan avance l’idée d’un mécanisme structurale commun à l’origine de l’affect triste. Roland Chemama en propose un développement dans son livre intitulé «  Depression, la grande névrose contemporaine ». On y retrouve l’idée qu’à chaque fois,  ce devant quoi le déprimé, s’il existe en tant que tel, s’arrête inconsciemment, ce devant quoi il calerait, c’est la possibilité même de la parole en laquelle il n’aurait inconsciemment pas le courage de croire. Il y aurait dans la dépression une façon particulière d’éviter la castration. La tristesse correspondrait à un renoncement au désir en visant notamment toujours un Autre qui ne pourrait manquer. En tant qu’être suprême, celui-ci devrait être toujours plein. Le sujet partagerait lui-même cette plénitude dans les rares moments où il arriverait à se hisser imaginairement au niveau de cet Autre. Et quand il s’en éloignerait, il éprouverait l’impression de se confronter à un trou radical, plutôt qu’à un simple manque. 

 

Pour le dire autrement, dans un mouvement d’évitement de  la castration,  le déprimé récuserait d’emblée celle de l’Autre. En attribuant  à quelque Autre la possibilité d’être inentamé, le déprimé pourrait lui-même participer de cette dimension, ou du moins espérer le faire. Ainsi le mode transférentiel du déprimé apparaîtrait comme une défense forte par rapport à la castration… et aussi par rapport au désir. Sa douleur ressortirait comme un affect lié à la jouissance. Elle correspondrait à un retour de la jouissance ruineuse éprouvée au-delà de sa régulation par le fantasme qui la maintient normalement dans le cadre du Principe de plaisir. Comme chez Freud et Lacan, chez Chemama, la dépression n’est pas corrélée au refoulement, ce n’est pas un symptôme, sa cause serait plutôt liée à un mouvement de perte d’objet que le sujet ne serait inconsciemment pas prêt à concéder, cette perte faisant écho au manque dans l’Autre, manque mal intégré chez ce sujet.

 

Un virage n’aurait donc  lieu que si cette position se modifie. Ce qui se constate effectivement en pratique. 

 

Car il ne s’agit pas forcément de psychose où la castration n’aurait pas été opérante. Chez les sujets dont parle Chemama, l’opération par quoi se symbolise le Nom-du-Père aurait bien lieu. D’où l’absence de phénomène psychotique que seraient le délire ou d’hallucination. Le phallus, comme signifiant de la jouissance perdue, ne serait pas indisponible. Simplement, du fait de la carence du père réel, il ne remplirait pas sa fonction, ou ne la remplirait que partiellement. En bref le sujet aurait été confronté à ce qui nous structure tous. Mais il n’en aurait pas pris acte, ce qui le laisserait sur le bord du chemin. Chemama fait un rapprochement avec le fétichisme où se distingue deux temps : celui où l’enfant perçoit l’absence de pénis chez la femme, et celui où il devrait enregistrer cette absence, mais où il la dénie. 

Puisque le phallus serait d’une certaine façon disponible, il ne s’agirait pas de forclusion, cela nous ramènerait d’avantage vers le déni ou le démenti. Un clivage s’exercerait en tout cas entre la possibilité d’avoir accès au signifiant phallique, et la récusation de cette possibilité.

Au final, la carence de la fonction phallique conduirait  le déprimé à éviter une véritable perte de jouissance. Cela s’illustrerait assez bien dans sa parole, plus faite pour énoncer un savoir sur sa douleur – qui est aussi bien jouissance – que pour risquer quelque chose de son désir dans le jeu métaphorique du signifiant. Ceci amènerait d’ailleurs une difficulté particulière pour le traitement psychanalytique de la dépression, du fait de cette tendance à cour-circuiter toute tentative de symbolisation dans laquelle la fonction de la perte est intrinsèque.

 

 

Par conséquent, le traitement analytique de la dépression  commencerait par amener le sujet à concevoir son recul inconscient devant quelque chose qu’il aurait dû accomplir, et non plus le réconforter par rapport à ce qu’il aurait subi. Pour résoudre la dépression, un paradoxe serait à dépasser :  en accentuant que le sujet est en quelque sorte coupable inconscient de ne pas être acteur de ce qui lui arrive dans la réalité, mais qu’il est le jouet des événements, l’analyste aurait à décoller cette faute inconsciente des auto-accusations bien connues du déprimé. Lorsque le sujet s’accuse lui-même, il serait impératif de ne pas le laisser fermer la porte à toute question sur la nature de la faute non reconnue, car cela serait justement ce qui le paralyse sans même qu’il le sache. Faire saisir l’erreur sur la nature de la faute inconsciente deviendrait dès lors essentiel. 

Il y aurait à faire relativiser le déprimé de la certitude que son état soit le résultat de ce qu’il a subi. D’un point de vue analytique, les coups du sort malheureux ne constitueraient que des causes apparentes qui seraient à resituer par rapport aux repères symboliques du sujet. Autrement-dit, les critères objectifs du malheur bien quantifiés par le discours courant seraient à relativiser par rapport aux coordonnées structurales du sujet. 

Devant tout événement susceptible de mettre en défaut la notion de totalité qui le passionne, l’enjeu serait de renvoyer le sujet à la nécessité qu’il manque de toute façon quelque chose. L’enjeu serait de permettre de faire se requalifier la perte en manque et donc en désir.  

Mais attention, si l’enjeu est de faire reconnaître au sujet dans sa souffrance un fait de dire inconscient pour en sortir, il ne s’agit en aucun cas de le secouer ou de lui demander de le faire lui-même. Cela serait au contraire dévastateur. Pourquoi ? Je termine en donnant l’explication de Patrick Valas :

« Parce qu’il se trouve au bord du morcellement, comme un verre de cristal qui peut être brisé par la vibration de la voix d’une  chanteuse d’Opéra. En effet ce sujet se trouve empêché et en proie à l’émoi, dont le sens étymologique signifie perte de pouvoir, abattu — il le dit explicitement : « Je suis empêché, je ne peux rien faire ». Au mieux il commet l’acting-out de vouloir rester au fond de son lit, dans sa chambre, lumière fermée, volets clos. C’est le minimum de l’acting-out, qui n’est pas rejet de l’inconscient, mais appel qui n’attend pas l’interprétation comme réponse. Si vous le forcez, il va franchir un pas et faire des tentatives de suicide à répétition, en prenant 3 comprimés de Lexomyl, au mieux ça rate, car il ne veut pas vraiment mourir, mais arrêter de souffrir. Si vous le forcez encore un peu plus, vous le poussez au maximum de l’émotion, qui signifie mouvement qui se désagrège, réaction catastrophique. Tandis qu’il est porté au maximum de l’angoisse et de l’embarras – il le dit aussi : « je m’effondre, je suis très angoissé, tout est barré ». Le passage-à-l’acte, par rejet de l’inconscient n’est pas loin. C’est l’acte suicide brutal, sans appel sans parade, sans retour. Il se jette par la fenêtre ou sous un métro.

Voilà il faut faire confiance à la structure, que le sujet prenne son temps, une bascule va le faire sortir de son refuge. La psychanalyse, ni ne prescrit ni ne proscrit les médicaments. Il faut savoir que se sont les « bonbons » du Père Noël. Leur maniement est délicat, il doit être subtil, et bien suivi. On ne donne pas des anti-dépresseurs à quelqu’un pour le revoir tous les trois mois. Souvent les prescripteurs ont la main trop lourde. Comme les bonbons donnent des caries, les psychotropes, qui ont tous des effets d’addiction, entravent le travail de l’inconscient qui est déchiffrage, soit le gay-sçavoir, qui est une vertu comme meilleur traitement de la tristesse. »

 

*intervention réalisée dans le cadre de la formation APERTURA "à l'écoute des plaintes dépressives", à Strasbourg, le 16-10-2016.

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commentaires

Anonyme54 11/01/2020 00:02

Moi je suis dépressif et sans antidépresseur, c'est invivable. C'est pas une question de volonté: physiquement c'est impossible d'agir ou de réfléchir quand ça va vraiment mal. Heureusement qu'il y a des traitements médicamenteux pour réduire l'angoisse et les ruminations, c'est ce qui marche le mieux de mon point de vue. Personnellement, j'en suis à ma 2ème grosse dépression. Après la 1ère, je me suis fait suivre par une psychiatre psychanalyste. La deuxième dépression est survenue 4 ans après la première. J'avais l'impression d'être complètement fou, piégé de mon propre corps, j'avais des angoisses abominables, des phobies d'impulsion, l'impression d'être un monstre, plus rien ne comptait, je souffrais en permanence. Ça a duré des mois et n'en pouvant plus et étant seul et isolé, j'ai commencé à envisager de me suicider en me jetant du cinquième étage de ma résidence. C'était tellement violent que je pensais être atteint d'une très grave maladie mentale genre schizophrénie. J'ai parlé de tout ça à ma psy mais elle n'a jamais voulu émettre de diagnostic: inutile de dire que ça ne m'a pas vraiment rassuré. Finalement comme je n'en pouvais vraiment plus, je me suis rendu aux urgences psychiatriques: c'était soit ça, soit la mort. Je me suis confié aux médecins de service: en un seul entretien de 20 minutes, ils sont parvenus à écarter la schizophrénie et à déceler chez moi une grave dépression, chose que ma psychiatre s'était révélée incapable de faire en plusieurs mois de séances. Ensuite j'ai été hospitalisé un mois et demi dans un hôpital psychiatrique où j'ai reçu un traitement à base d'antidépresseurs. Actuellement je continue de prendre ce traitement et me remets progressivement mais je ne peux m'empêcher de penser aux risques que j'ai encourus inutilement, à toute la souffrance que j'ai dû supporter et au très long rétablissement qui m'attend parce qu'on n'aura pas voulu mettre de mots clairs sur ce que j'avais et qu'on n'aura pas voulu entendre parler de médicaments pour des raisons idéologiques. Après sans vouloir offenser Lacan, je dirais que parler de tristesse à la place de dépression me semble aussi juste que de désigner par picotement la douleur engendrée par un démembrement. Sinon pour finir, je crois qu'il y a une faute d'orthographe au début du deuxième paragraphe, c'est "en lui ôtant tout ancrage" et pas "en lui autant tout ancrage".

dietsch christine 27/01/2017 18:42

bonjour docteur.Bon pour commencer 3 lexomil est ce une blague?Et puis dormir ou mourir n est ce pas un peu pareil???Le sommeil n est ce pas une petite mort...Bonne soirée.